Se réorienter à 50 ans, est-ce possible ? – AVENUE 50

Se réorienter à 50 ans, est-ce possible?

par Robert Maranda

Se réorienter à 50 ans, est-ce possibleSi on peut résumer en un mot l’arrivée de la cinquantaine dans une vie, on pourrait utiliser le mot ajustement. Oui. La cinquantaine, selon plusieurs, c’est une série de petits ajustements dans toutes les sphères de la vie et ça doit se faire encore plus vite qu’au début de la vingtaine. Il vous faut accepter que vous n’accomplissiez plus les mêmes tâches aussi vite qu’avant ou que le nom des personnes ou les idées ne vous viennent plus à l’esprit aussi rapidement. Voilà pourquoi on parle d’ajustements. Imaginez alors quand vient le temps de changer d’emploi! Y’a de quoi faire de l’urticaire ! Pourtant, les quinquagénaires sont nombreux à songer à une réorientation de carrière, obligée ou non.

Mettons tout de suite les choses au clair. Quand on parle de réorientation de carrière, on peut diviser les gens en deux grandes catégories. Il y a les réorientations volontaires et les réorientations obligées. Ces dernières surviennent à la suite de coupures de postes, de licenciements ou de mises à pied. Le Québec regorge d’histoires tragiques de fermetures d’usines et de PME mettant à la rue des dizaines de personnes de cinquante ans et plus bardées de savoir-faire, qui doivent du jour au lendemain se trouver un autre emploi pour survivre.

Plus positive, la réorientation volontaire de carrière survient après de nombreuses années de services pour un même employeur. Selon le conseiller d’orientation Francis Grégoire de Orientation solutions, il n’est pas rare de voir des individus qui ont travaillé toute leur vie au même endroit avec de nombreuses responsabilités et de la pression, vouloir se réorienter dans un emploi plus simple, exigeant moins d’implications. « Réorienter sa carrière relève davantage du projet de vie que du projet de job» mentionne M. Grégoire. Plusieurs raisons peuvent motiver une personne de plus de 50 ans à changer de domaine d’emploi. En voici quelques-unes :

Trouver un sens à sa vie : après plusieurs années de travail répétitif, il n’est pas rare de voir des gens s’arrêter et se questionner sur le véritable sens de leur travail, mais aussi carrément de leur vie ! Pendant des années, ils ont travaillé pour la «paye » sans trop se poser de questions, mais maintenant, ils désirent s’accomplir personnellement et le travail actuel ne le permet pas.

Pas de débouchés à l’interne : une cause de changement d’emploi fréquente chez les jeunes que l’on retrouve de plus en plus chez les seniors. L’impossibilité pour eux d’avancer au sein de l’entreprise. Au moment de l’embauche, le patron promettait mer et monde mais au fil des ans, les possibilités d’évoluer sont devenues impossibles. Quand on attend 35 ans pour un poste de gérant, il y a peut-être des questions à se poser…

Ambiance de travail gangrenée : Ils sont nombreux les bébés-boomers à endurer une ambiance de travail plutôt pourrie juste pour le salaire. La patience a ses limites pour tout le monde ! Souvent, l’insatisfaction professionnelle dépend en grande partie des relations avec le patron et les collègues. Si vous faites le calcul, vous aurez passé plus d’heures avec votre collègue de bureau qu’avec votre conjoint (e) ! Après des années à «endurer», plusieurs choisissent carrément de changer de domaine. Ces individus sont souvent très compétents et possèdent un savoir-faire précieux. Pourtant, rien à faire. Ils sont complètement dégoûtés par le milieu et préfèrent faire un virage à 180 degrés.

Pour changer d’air : tout comme les jeunes qui changent régulièrement d’emploi pour vivre différents défis, de plus en plus de séniors décident de se réorienter pour vivre la nouveauté, se lancer un défi. Certains vont même jusqu’à changer de ville, question d’ajouter au curriculum et à l’action…

Il y a bien sûr d’autres raisons qui poussent les quinquagénaires à réorienter leur carrière, mais une chose est certaine, se retrouver du jour au lendemain comme « agent libre » sur le marché du travail n’est pas évident. Vous constaterez que bien des choses ont changé depuis les années soixante-dix en matière d’embauche et de ressources humaines. Le conseil le plus utile que pourrait donner le conseiller en orientation Francis Grégoire, c’est d’abord de respirer ! Ensuite, c’est d’entreprendre un gros travail d’introspection. Il dit: «Vous devez vous poser la question: qu’est-ce que je veux? Quels sont mes objectifs à court, moyen et long terme dans ma vie?» L’effort semble considérable, mais nécessaire, car trop de gens se lancent tête première dans un nouveau projet de carrière sans y avoir trop réfléchi. Par exemple, vous avez eu un poste de cadre toute votre vie et vous voulez maintenant devenir employé ? Francis Grégoire fait des mises en garde concernant l’attitude à adopter lors de l’entrevue: «Il faut avoir l’aplomb du fait que vous avez été directeur, sans montrer que vous voulez le devenir, mais il ne faut pas être nonchalant non plus.» Une fois que vous avez établi que vous désirez changer d’emploi, posez-vous les questions suivantes: est-ce que je veux travailler à temps plein ou à temps partiel? Est-ce que je cherche à devenir un employé ou un travailleur autonome? De nombreux seniors possédant une grande connaissance de leur domaine choisissent de devenir consultants pour leur ancien employeur. Ce type d’emploi permet flexibilité et liberté.

Voilà pourquoi il est très important d’investir un peu et de consulter des spécialistes en orientation. Ces derniers vous prendront en main, analyseront votre type de personnalité et vous aideront à réfléchir sur vos objectifs réels. Beaucoup trop de gens croient à tort que l’orientation est une «bibitte» confinée dans les écoles secondaires! Cette époque est révolue.

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