Conseiller en orientation

Conseiller en orientation

Peu importe que vous l’appeliez conseiller d’orientation, orienteur ou conseiller en orientation, dans cette page vous en apprendrez davantage sur la profession.

Par Julie Chabot, étudiante à la maitrise en orientation à l’Université de Sherbrooke, auxiliaire de recherche et membre étudiante au Centre d’études et de recherches sur les transitions et l’apprentissage (CÉRTA)

La période de vie dans laquelle se trouvent les jeunes adultes est caractérisée par de nombreuses transitions importantes telles que la fin des études, l’insertion dans un premier emploi, la décohabitation de chez les parents, le début d’une vie de couple et la parentalité [1]. Pour certains d’entre eux, notamment ceux qui sont sans diplôme et en situation de précarité, il arrive qu’ils vivent ces transitions à un âge plus précoce que les autres [2]. Conséquemment, le contexte dans lequel s’inscrit leur recherche d’information sur l’emploi ou la formation peut varier et teinter leur besoin informationnel.

Par leur expertise sur le plan de l’information sur la formation et le travail (IFT ou ISEP), les personnes conseillères en orientation sont toutes désignées pour accompagner ces jeunes adultes dans leur parcours d’insertion socioprofessionnelle. Néanmoins, avec les personnes en situation de précarité et présentant certaines vulnérabilités face à l’emploi (peu ou pas diplômées, problème de santé mentale, situation de handicap), le besoin d’information peut sortir du champ de l’orientation.

Intervenir en emploi dans un contexte plus large

En effet, étant donné que les problèmes personnels peuvent exercer une influence sur l’insertion professionnelle [3] et le maintien en emploi de ces jeunes adultes, il peut être important d’aborder le contexte dans lequel s’inscrit la démarche afin d’éviter de leur faire vivre des échecs qui pourraient les fragiliser davantage. À cet égard, les personnes conseillères d’orientation détiennent les compétences pour évaluer la situation et l’influence de l’environnement dans lequel se situent leurs personnes clientes afin d’« aménager les conditions concrètes et les ressources nécessaires à la mise en place de l’intervention » [4].

L’orientation : une expertise multifacette

Plus largement, leur champ d’exercice démontre bien leur expertise multidimensionnelle misant à la fois sur l’évaluation du fonctionnement psychologique, des ressources personnelles et des conditions du milieu de la personne et touche autant les besoins d’orientation, d’insertion professionnelle que d’aide psychosociale. De plus, il faut rappeler que les personnes conseillères en orientation sont parmi un nombre limité de personnes professionnelles habilitées à évaluer des populations vulnérables face à l’emploi dans le cadre d’activités qui leur sont réservées [5].

Une personne de confiance

Au-delà de cette expertise multidimensionnelle, il importe aussi que les personnes conseillères mettent en place un bon lien de confiance avec ces jeunes adultes en situation de précarité afin de les inciter à partager leurs besoins d’information excédant la sphère vocationnelle [6]. Établir ce lien de confiance peut être complexe avec certains jeunes adultes en situation de précarité. Selon Hébert et Lanctôt [7], il importe de prêter attention au nombre de personnes professionnelles qui interviennent auprès d’un même jeune adulte. Il peut être difficile pour ce jeune de vivre l’instabilité d’un changement de personnes intervenantes [7].

Miser sur la polyvalence pour éviter la multiplication d’intervenants

Conséquemment, bien qu’elle puisse comporter des avantages pour certaines clientèles, la fragmentation des services auprès de ces personnes présente des inconvénients. En effet, un changement de personne intervenante en raison d’une évolution du besoin de départ est susceptible d’entrainer du découragement chez ces jeunes adultes. Cela met en évidence l’importance de déléguer un nombre minimal de personnes professionnelles au soutien d’un même jeune adulte en situation de précarité. Par leur expertise multidimensionnelle, les personnes conseillères en orientation peuvent être assignées à de jeunes adultes en situation de précarité afin de répondre à plusieurs de leurs besoins dans l’étendue de leur champ d’exercice.

RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES

[1] Galland, O. (2011). Sociologie de la jeunesse (5e éd.). Paris, France : Armand Colin.

[2] Osgood, W.D., Ruth, G., Eccles, J. S., Jacobs, J. E. et Barber, B. L. (2005). Six paths to adulthood. Dans R.A. Settersten Jr., F.F. Furstenberg Jr. et R.G. Rumbaut (dir.), On the frontier of adulthood. Theory, research, and public policy (p. 320-355), Chicago: The University of Chicago Press.

[3] Carron, C., Ecoeur, Y., et La Thune, S. (2003). La réinsertion : entre obstacles sociaux et problèmes personnels. Gouvernement du Québec, ministère de la Santé et des Services sociaux : Dépendances, 20, 22-23.

[4] Ordre des conseillers et conseillères d’orientation du Québec (2010). Le profil des compétences générales des conseillers en orientation. Montréal : OCCOQ. http://orientation.qc.ca/files/Profil-de-comp%C3%A9tences-des-conseillers-et-conseill%C3%A8res-d%E2%80%99orientation-du-Qu%C3%A9bec.pdf

[5] Ordre des conseillers et conseillères d’orientation du Québec (2010-2021). Formation et permis d’exercice. Montréal : OCCOQ. https://www.orientation.qc.ca/informations-pour-le-public/le-conseiller-dorientation/formation-et-permis-dexercice

[6] Supeno, E. et Mongeau, V. (2015). Horizon informationnel sur la formation et le travail chez de jeunes adultes non diplômés en situation de précarité. Nouveaux cahiers de la recherche en éducation, 18(1), 114-136.

[7] Hébert, S., & Lanctôt, N. (2016). Les adolescentes placées en centre de réadaptation : regard sur l’instabilité à travers l’étude de leurs parcours de placements. Revue de psychoéducation, 45(1), 63-85.

vez-vous déjà consulté ou ressenti le besoin de consulter un conseiller d’orientation ? Connaissez-vous bien le rôle de ce professionnel de la carrière ?

Son principal rôle consiste à aider toute personne à évoluer sur le plan professionnel. Par exemple, il peut accompagner un jeune dans son choix d’études et de carrière, un adulte qui vit un questionnement professionnel et qui désire réorienter sa carrière et même une personne retraitée qui se trouve face à un vide professionnel et qui cherche à trouver un nouveau sens à sa vie. Bref, le conseiller d’orientation possède l’expertise pour favoriser le développement de carrière de quiconque vit une difficulté dans cette sphère de vie.

Pour démystifier le rôle du conseiller d’orientation, voici cinq mythes et réalités associés à ce professionnel :

1. L’orienteur, l’orienteuse, l’orientrice, l’orientateur ou l’orientatrice

Commençons par démystifier le NOM de ce professionnel de la carrière. Ces différents noms sont bel et bien utilisés par plusieurs et la représentation que les gens en font est également différente. Sachez que le terme exact est conseiller ou conseillère d’orientation.

Si ce nom vous paraît trop long à mentionner vous avez la possibilité de l’abréger par c.o.

2. Le conseiller d’orientation peut prédire l’avenir

Une croyance populaire est de penser que le c.o. peut deviner (avec sa boule de cristal ou sa baguette magique ?) quel métier doit exercer telle ou telle personne. Bien que cela serait merveilleux, ce n’est malheureusement pas le cas.

Pour aider une personne à découvrir un métier ou un domaine d’études correspondant à son profil, le conseiller d’orientation l’accompagne à travers l’exploration de ses possibilités, l’aide à mieux se connaître en ciblant ses intérêts, ses valeurs et ses aptitudes tout en apportant son support dans la réalisation du projet professionnel. Également, ce processus nécessite quelques rencontres pour atteindre les objectifs établis.

3. Le conseiller d’orientation est un « passeux de tests »

Il est vrai qu’à une certaine époque les c.o. utilisaient automatiquement (ou presque) des tests de toutes sortes pour aider les gens à mieux se connaître et à déterminer un projet scolaire et professionnel. Aujourd’hui, cette pratique est révolue (enfin nous l’espérons) car les tests ne remplacent pas les consultations avec le c.o. et ils ne sont utilisés qu’au besoin dans le cadre d’une démarche d’orientation pour préciser certaines caractéristiques.

Le test devient donc un outil complémentaire dans une démarche d’orientation et il ne remplace pas le conseiller d’orientation.

4. Le conseiller d’orientation est une encyclopédie

Beaucoup de personnes communiquent avec les conseillers d’orientation dans le but d’obtenir des renseignements précis en lien avec le marché du travail et les établissements d’enseignement. Par exemple, par un simple appel téléphonique, on peut leur demander : « J’ai obtenu 70% en français alors est-ce que je suis admissible au Baccalauréat en administration ? » Ou encore « Quel métier je dois choisir si je veux être certain de trouver un travail après mes études ? »

Le marché du travail est vaste et tout comme les formations, il évolue constamment. Il devient donc impossible pour le conseiller d’orientation de tout connaître sur le bout des doigts. Néanmoins, il a accès à des outils ou des banques d’information qui lui permettent de trouver les informations demandées.

5. Le conseiller d’orientation travaille seulement dans les écoles

Puisque la plupart des établissements d’enseignement offrent un service d’orientation scolaire et professionnelle, plusieurs personnes croient que c’est le seul endroit où il est possible de consulter un conseiller d’orientation. Et bien non ! Nous retrouvons le c.o. dans cinq secteurs différents, soit dans les écoles, dans les organisations, en employabilité, en réadaptation et santé mentale et en pratique privée.

Ce professionnel doit également faire partie d’un ordre professionnel, l’Ordre des conseillers et conseillères d’orientation du Québec, pour pouvoir porter ce titre.

Par Nathalie Fournier est conseillère d’orientation et présidente fondatrice d’Orientation à distance. Elle accompagne à distance, en utilisant la vidéoconférence, des travailleurs et des étudiants dans une démarche d’orientation afin de les aider à réaliser leur projet scolaire et de carrière.