LE CONSEILLER D’ORIENTATION : UN PROFESSIONNEL DU DOMAINE DE LA SANTÉ MENTALE

CONSEILLER D’ORIENTATION ET SANTÉ MENTALE

Comme toutes les professions, la profession de conseiller d’orientation a beaucoup évolué depuis 30 ans. Elle s’exerce dans davantage de milieux et pour une plus grande variété de besoins. À la suite de l’adoption du projet de Loi 21 en 2012, le conseiller d’orientation exerce des activités réservées, lorsqu’il s’agit de porter un jugement professionnel concernant le travail ou les études d’une personne atteinte de troubles mentaux. Il s’agit d’un avantage indéniable pour la population, car cela optimise l’accessibilité aux services en matière de santé mentale.

« En 2012, la Loi 21 a modifié le Code des professions de manière à mieux répondre aux besoins des personnes en matière de santé mentale, notamment en les protégeant mieux face à des pratiques qui comportent des risques de préjudices, en contrôlant mieux ceux qui peuvent les exercer, et en améliorant l’accessibilité du public à leur compétence », explique Laurent Matte, président de l’Ordre des conseillers et conseillères d’orientation du Québec. Cette loi a entre autres redéfini le champ de pratique des professionnels en santé mentale et en relations humaines, dont celui des conseillers d’orientation. « En partageant les expertises, cette loi a permis à d’autres professionnels que les médecins d’évaluer les troubles mentaux », indique M. Matte. Cette loi a aussi réservé des activités à haut risque de préjudice aux médecins, psychologues, infirmiers, conseillers d’orientation, psychoéducateurs, ergothérapeutes, travailleurs sociaux et thérapeutes conjugaux et familiaux. « Elle a instauré une nouvelle approche de collaboration et de complémentarité entre les différents ordres professionnels concernés dans le but de mieux protéger le public », assure M. Matte. Cette loi a aussi réglementé le titre et la pratique de psychothérapeute, une pratique partagée par plusieurs professionnels, dont plusieurs conseillers d’orientation. « L’adoption de cette loi a permis d’assurer une meilleure protection du public, particulièrement pour les personnes les plus vulnérables qui faisaient face jusqu’en 2012 à une jungle de services non réglementés dans le domaine de la santé mentale », affirme M. Matte.

L’évolution de la profession de conseiller d’orientation a été reconnue par les autres professions en santé mentale et par le législateur, et cette évolution la place souvent en première ligne dans des réseaux autres que celui de la santé et des services sociaux.

– Laurent Matte, président de l’Ordre des conseillers et conseillères d’orientation du Québec

UN CHAMP D’EXERCICE MODERNISÉ

La pratique du conseiller d’orientation dépasse largement l’assistance au choix de programme de formation. « Son travail vise le mieux-être personnel et professionnel en mobilisant le potentiel des personnes et en les aidant à prendre leur place dans la société tout au long de leur vie. Il intervient dans le but de permettre des choix personnels et professionnels tout au long de la vie et de rétablir l’autonomie socioprofessionnelle », souligne M. Matte. C’est ainsi que le conseiller d’orientation est appelé à toucher de manière très concrète à la question de la santé mentale. « Il continue à évaluer le fonctionnement psychologique, et la Loi 21 lui réserve le droit d’évaluer les troubles mentaux lorsqu’il détient l’attestation de formation délivrée par l’Ordre », mentionne M. Matte. La Loi 21 autorise également le conseiller d’orientation, comme les membres des six ordres professionnels remplissant les critères déterminés, à exercer la psychothérapie et à utiliser le titre de psychothérapeute s’il est titulaire du permis de psychothérapeute délivré par l’Ordre des psychologues du Québec.

« Le système professionnel aujourd’hui ne vise plus à créer des zones exclusives autour d’une profession, mais à permettre l’accessibilité à des ressources compétentes, en plaçant la personne au centre et en favorisant le partage d’activités et l’interdisciplinarité. »

Laurent Matte, président de l’Ordre des conseillers et conseillères d’orientation du Québec

UN INTERVENANT EN PREMIÈRE LIGNE

Le conseiller d’orientation peut être mis à contribution dans différents milieux de pratique. « Contrairement à ce que les gens pensent, plus de la moitié des conseillers d’orientation travaillent ailleurs que dans le milieu scolaire », soutient M. Matte. Un grand nombre de conseillers d’orientation travaillent en fait dans le réseau de l’employabilité, de la réadaptation, pour des entreprises ou dans des cabinets-conseils. Ceux-ci interviennent donc fréquemment dans des situations impliquant des problèmes de santé mentale. « Comme les conseillers d’orientation sont des professionnels qui évoluent le plus souvent dans d’autres secteurs que celui de la santé et des services sociaux, ils sont souvent accessibles en première ligne et bien positionnés pour évaluer, dépister et intervenir dans les problématiques de santé mentale », note M. Matte. « D’ailleurs, la recherche a démontré qu’environ 50 % à 60 % des personnes qui consultent en counselling de carrière vivent une détresse psychologique », poursuit-il. Par exemple, un travailleur qui a été victime de harcèlement au travail peut décider de consulter en orientation comme manière d’échapper à cette situation. « Le conseiller d’orientation pourra alors l’aider à se reconnaître et à se comprendre lui-même et à envisager des actions qui pourront résoudre son problème », explique M. Matte.

LE SAVIEZ-VOUS ?

Pour pratiquer au Québec, le conseiller d’orientation doit posséder un diplôme universitaire de 2e cycle (maîtrise) et être membre de l’Ordre des conseillers et conseillères d’orientation du Québec.

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