COUNSELING

counseling

En terme de counseling, étant conseiller d’orientation, je suis en mesure de vous offrir l’aide dont vous avez besoin, dans la forme qui convient le mieux à votre situation.

 

Le counseling

Le counseling est l’utilisation compétente et raisonnée d’une relation pour faciliter la connaissance de soi, l’acceptation et la croissance émotionnelle, et le développement optimal des ressources personnelles. Le but général des conseillers est de donner l’occasion aux gens de travailler à vivre de façon plus satisfaisante et en utilisant davantage ses propres ressources. Les relations de counseling varient selon les besoins, mais elles peuvent avoir pour objet des problèmes de développement, la prise de conscience et la résolution de problèmes précis, la prise de décisions, le traitement d’une crise, le développement du discernement et de la connaissance de soi, la résolution de sentiments de conflits intérieurs ou l’amélioration des rapports avec autrui.

La rencontre d’accompagnement

La rencontre d’accompagnement vise à soutenir la personne par des rencontres, qui peuvent être régulières ou ponctuelles, permettant à la personne de s’exprimer sur ses difficultés. Dans un tel cadre, le professionnel ou l’intervenant peut lui prodiguer des conseils ou lui faire des recommandations.

L’intervention de soutien

L’intervention de soutien vise à soutenir la personne dans le but de maintenir et de consolider les acquis et les stratégies d’adaptation en ciblant les forces et les ressources dans le cadre de rencontres ou d’activités régulières ou ponctuelles. Elle implique notamment de rassurer, prodiguer des conseils et fournir de l’information en lien avec l’état de la personne ou encore la situation vécue.

L’éducation psychologique

L’éducation psychologique vise un apprentissage par l’information et l’éducation de la personne. Elle peut être utilisée à toutes les étapes du processus de soins et de services. Il s’agit de l’enseignement de connaissances et d’habiletés spécifiques visant à maintenir et à améliorer l’autonomie ou la santé de la personne, notamment à prévenir l’apparition de problèmes de santé ou sociaux incluant les troubles mentaux ou la détérioration de l’état mental. L’enseignement peut porter, par exemple, sur la nature de la maladie physique ou mentale, ses manifestations, ses traitements y incluant le rôle que peut jouer la personne dans le maintien ou le rétablissement de sa santé et aussi sur des techniques de gestion de stress, de relaxation ou d’affirmation de soi.

Le coaching

Le coaching vise l’actualisation du potentiel par le développement de talents, ressources ou habiletés de personnes qui ne sont ni en détresse, ni en souffrance qui expriment des besoins particuliers en matière de réalisations personnelles ou professionnelles.

L’intervention de crise

L’intervention de crise consiste en une intervention immédiate, brève et directive qui se module selon le type de crise, les caractéristiques de la personne et celles de son entourage. Elle vise à stabiliser l’état de la personne ou de son environnement en lien avec la situation de crise. Ce type d’intervention peut impliquer l’exploration de la situation et l’estimation des conséquences possibles, par exemple, le potentiel de dangerosité, le risque suicidaire ou le risque de décompensation, le désamorçage, le soutien, l’enseignement de stratégies d’adaptation pour composer avec la situation vécue ainsi que l’orientation vers les services ou les soins les plus appropriés aux besoins.

Tiré de www.ordrepsy.qc.ca et de www.ccpa-accp.ca

 

”Le counseling offre à la personne

l’occasion d’examiner les conséquences

de sa manière actuelle de vivre et, de ce fait,

de considérer des routes alternatives pour l’avenir.”

– Vance Peavy

”On ne reçoit pas la sagesse,

il faut la découvrir soi-même, après un trajet que personne

ne peut faire pour nous, ne peut nous épargner.”

– Marcel Proust.

”Au lieu de chercher ce que vous n’avez pas.

Trouvez ce que vous n’avez jamais perdu.”

– Nisargadatta Maharaj

ARTICLES

Faire moins pour renouer avec l’essentiel

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L’excès a envahi insidieusement notre existence. Nous en avons tous fait l’expérience : toujours plus d’activités, d’achats, de sollicitations… L’impression de se retrouver surchargé, incapable d’apprécier la douceur de vivre. Et si, la crise actuelle nous donnait l’occasion de sortir de ce cercle infernal ? D’apprendre à s’abstenir ? Idées et conseils pour mettre en place des changements durables pour se reconnecter à l’essentiel.

Ça commence souvent de façon insidieuse, par un mal de dos, un poids sur les épaules. Ou alors on éprouve une sensation d’étouffement. Dans la rue, au travail, partout, on cherche de l’air. A ce stade, tout agace : le marché après le travail, les coups de fil interrompant les devoirs des enfants, les dîners avec les copains qui commencent tard à cause de l’agenda “surbooké” de chacun. Peu à peu, tout perd de sa saveur, les loisirs eux-mêmes deviennent des contraintes et le quotidien se transforme en une course effrénée vers on ne sait plus quoi. On vit dans le trop-plein.

« J’ai toujours craint ceux qui partent à l’assaut de leur vie comme si rien n’était plus important que de faire des choses, vite, beaucoup », a dit l’écrivain Christian Bobin. Comment avons-nous pu en arriver là ?

Le trop appelle le trop

Depuis que le sociologue Alain Ehrenberg a nommé et analysé La Fatigue d’être soi (Odile Jacob) contemporaine, nous savons que la société de compétition nous encourage à devenir des individus émancipés, responsables de leur vie. Dépourvus des repères traditionnels, nous sommes aussi minés par le perfectionnisme, la nécessité d’être toujours “plus”. Lors d’une intervention au colloque “Vivre fatigué”, organisé par les PUF et la Société française de psychosomatique, le psychiatre Christophe Dejours avait même parlé de “pathologies de surcharge” regroupant différents troubles liés à “l’hyperactivité sans fin”.

L’histoire familiale de chacun peut aussi jouer un rôle : pour peu qu’on ait été éduqué sous une pression constante, qu’on cherche à calmer son angoisse ou à réparer le destin tragique d’un aïeul, on multipliera achats, travail ou rendez-vous pour se noyer dans l’activité. Ce sont alors des croyances inconscientes qui nous téléguident vers le trop-plein.

On se retrouve pris dans un cercle vicieux : plus de café pour travailler plus, plus de sucre pour se réconforter de tant d’efforts, plus d’achats pour se faire du bien… Mais plus on achète, plus on doit s’occuper de ce que l’on possède, donc moins on a de temps sans contrainte. C’est alors le vertige du “trop-consommer” ; même les objets qui étaient censés nous libérer ou nous faire “gagner du temps” se retournent contre nous : nos conversations au portable nous empêchent de regarder le ciel ou les arbres dans la rue, les infos tous azimuts nous laissent peu de temps pour penser par nous-mêmes. Ainsi vit l’homme occidental, la bouche, les mains et la tête pleines jusqu’à ne plus savoir qui être. Peu à peu, son esprit est aussi chargé que ses chariots du week-end. Or, comme le rappelle la sagesse zen, « il est aussi difficile de vivre avec un esprit encombré qu’avec une maison en désordre ».

S’exercer au renoncement

Comment s’en sortir ? Les : « Je change de vie, je vends tout et je me tire ailleurs… », ces « tout ou rien » drastiques ne sont pas forcément des solutions efficaces car ils n’impliquent pas de changement intérieur. C’est plus probablement par petites touches qu’on allège sa vie, en comprenant d’abord de quoi est fait ce trop-plein qui nous coûte tant. Une démarche nouvelle, plus accessible, que nous vous proposons dans ce dossier. On peut également s’exercer en douceur à certaines formes d’abstinence, en apprenant à renoncer. Aujourd’hui, par exemple, naissent des “jours sans achat”, d’autres “sans tabac” ; ou encore des “quiet parties” (soirées-rencontres silencieuses) sont organisées par les créateurs d’événements. A un niveau plus personnel, des idées nous sont proposées : apprendre à laisser passer les gens pressés, à éteindre la télévision, à décrocher des smartphones ou à passer une journée sans voir personne.

Catherine Laroze, philosophe de formation, a créé la surprise il y a quelques années avec le succès de son livre L’Art de ne rien faire : vingt mille exemplaires vendus en quelques mois. Pour elle, la solution au trop-plein passe par le respect de “sas” réguliers, des temps de réflexion et d’introspection, pour réfléchir à ce que l’on vit et ne pas rester “le nez dans le guidon”. Elle-même se ressource ainsi dans son quotidien : « Lorsque j’ai deux rendez-vous stressants dans la journée, je sais qu’ils vont demander beaucoup de moi, et donc je prévois d’aller savourer un thé à une terrasse entre les deux. »

C’est l’un des aspects de la voie minimaliste : le “moins” est un nouvel objectif qui ne vise pas seulement à éliminer les choses ou les actions, mais à leur redonner du sens, comme l’explique Dominique Loreau, “coach du vide”. Pour elle, « apprendre à vivre dans la simplicité relève de la pratique spirituelle ».

Goûter la simplicité

Simplicité. Le mot est prononcé. Il s’inscrit dans un vaste courant qui s’exprime aujourd’hui. En Amérique du Nord, et plus particulièrement au Canada, on vante la « simplicité volontaire ». Un mode de vie qui remet en question nos habitudes de consommation, de travail, notre tendance à gaspiller les ressources de la planète, sans même savoir les recycler, tous fléaux qui compromettent la vie des générations futures et ne peuvent donc nous rendre heureux. On sait désormais que la vraie richesse est dans la découverte de l’essentiel. C’est notamment le credo du magazine américain de vie pratique “Real Simple”.

Cette tendance n’échappe pas aux pros du marketing les plus avisés, y compris dans le secteur du luxe. Ainsi Ray Matts, qui avait conçu parfum de Clinique sobrement appelé Simply. Sa principale inspiration ? « Comme la plupart des gens aujourd’hui, je réfléchis à une véritable manière de simplifier notre vie. Bien sûr, nous bénéficions d’un maximum de biens matériels, mais c’est pourtant du plus simple dont nous avons besoin pour souffler un peu : la fraîcheur d’un bouquet de fleurs, par exemple, ou encore la chaleur du bois, la douceur d’un souffle de bébé, des choses qui paraissent tellement banales qu’on les oublie trop souvent dans notre course quotidienne. »

A chacun donc de découvrir les situations, les goûts, les relations qui importent vraiment dans sa vie. Loin du superflu, du trop-plein et de l’artificiel, se trouve peut-être la” vivifiante” légèreté de l’être.

Nous avons besoin de temps de retrait pour aller vers le nouveau

L’avis du spécialiste

Régis Airault est psychiatre. Dans son cabinet se succèdent des personnes en crise, en bout de course et en demande de solutions. Il a publié Faire une pause dans sa vie (Payot).

Psychologies : Pourquoi un livre sur l’art de la pause ?
Régis Airault : Paradoxalement, notre société nous laisse de plus en plus de temps libre, mais ignore notre besoin fondamental de faire des pauses. Or parce que beaucoup d’entre nous n’ont pas pris l’habitude de goûter des temps de coupure dans leur quotidien, ils me demandent de leur prescrire “une parenthèse”, des jours d’hospitalisation.

Qu’est-ce qu’une vraie pause ?
C’est un temps de déconnexion où l’on sort de la maîtrise pour s’ouvrir à un moment sympa de la vie : savoir se poser quelques minutes pour un café à la terrasse d’un bistrot. Là, capter les bruits, les conversations, rêver… Nous avons absolument besoin de ces temps de “jachère psychique”, ces entre-deux où l’on rompt avec le quotidien… Sinon, on peut avoir tendance à se trouver des bulles artificielles – l’alcool, la drogue… – pour fuir, mais c’est alors une autre façon de se trouver enchaîné.

Est-ce nécessaire à tout âge ?
Oui, ces espaces intermédiaires entre soi et le monde nous permettent ensuite d’aller sans trop de risques vers l’autre. Le “doudou” du tout-petit, puis le jeu de l’enfant occupent cette fonction. Dans certaines cultures, comme à Mayotte où je vis, on prévoit pour l’ado une case un peu à l’écart où il se prépare à devenir adulte… Nous avons besoin de temps de “retrait” pour digérer, penser ce que l’on a vécu, avant d’aller vers le nouveau.

https://www.psychologies.com/

Vive la nature!

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C’est prouvé, être en contact avec la nature apporte de nombreux bienfaits. Et pas toujours besoin d’aller loin: le petit parc près de chez soi peut très bien faire l’affaire. Profitons de toutes les occasions de mettre le nez dehors et de prendre une bonne dose de nature.

Pourquoi la nature nous fait du bien?

Une occasion de se déconnecter

Avec nos journées bien remplies et tout le temps qu’on passe devant les écrans, sortir prendre l’air permet de s’accorder une pause. Assis au pied d’un arbre ou sur un banc, et même en marchant, on en profite pour respirer à fond, ce qu’on a tendance à oublier de faire dans le train-train quotidien.

La nature n’est-elle pas un endroit de choix pour mettre son cellulaire de côté? Méfions-nous du piège qu’est celui de vouloir tout prendre en photo. Et surtout du temps fou mis à obtenir LA photo pour les réseaux sociaux. Posons notre écran plus souvent pour savourer pleinement l’instant présent!

Un effet à la fois apaisant et stimulant

Par ses effets positifs sur le cerveau, la nature

  • apaise, détend et calme
  • réduit le niveau de stress
  • améliore la concentration
  • favorise la créativité et aide à trouver des solutions aux problèmes
  • booste notre énergie

Un plaisir pour les sens

Se laisser bercer par le chant des oiseaux ou le bruit d’un ruisseau, admirer les différentes nuances de verts des arbres, se mettre les mains dans la terre en jardinant, enlacer un arbre (oui, oui!), marcher pieds nus dans l’herbe, respirer l’odeur de sous-bois ou le parfum des fleurs sont autant de façons d’éveiller nos sens et de s’émerveiller devant la nature.

On n’a qu’à ralentir et à être attentif à ce qui nous entoure, quel que soit le coin de nature dans lequel on se trouve. Profitons-en à longueur d’année, car chaque saison offre son lot d’expériences uniques.

Une santé améliorée

Selon des centaines d’études médicales, des villes plus vertes pourraient diminuer d’environ 39 % la prévalence du stress, de 7 % la prévalence de la dépression, de 14 % le risque de diabète, de 13 % le risque d’hypertension artérielle et de 10 % à 20 % la mortalité générale prématurée.

À ce titre, des médecins du Québec se sont récemment mobilisés pour le verdissement urbain afin de protéger les arbres, les boisés et les milieux naturels et de promouvoir une plantation massive d’arbres. «Passer du temps dans la nature» deviendra peut-être la prescription médicale la plus populaire!

Comment profiter des bienfaits de la nature?

En forêt, au ralenti

Pourquoi ne pas prendre un «bain de forêt»? Les Japonais sont depuis longtemps adeptes de cette pratique. Le shinrin-yoku consiste à faire une marche très lente dans la nature. On ne vise pas la mise en forme, mais le bien-être. Durant cette méditation de pleine conscience, on porte notre attention sur notre respiration et le bruit de nos pas. À essayer lors de votre prochaine escapade dans un boisé ou une forêt.

Dans sa cour ou dans un parc

Marche, yoga, lecture… Toutes les occasions sont bonnes de se (re)connecter à la nature! On peut aussi faire un pique-nique, seul ou entre amis, observer les oiseaux, s’amuser à identifier des plantes et des arbres, jardiner à la maison ou dans un jardin communautaire, faire un tour de canot ou de kayak, courir ou faire du vélo dans un sentier.

Chez soi, en attendant

On peut aussi goûter à la nature en écoutant par exemple une playlist de sons de la nature, en feuilletant un magazine de voyages ou un livre de beaux paysages, en s’occupant de notre terrarium ou en s’offrant des fleurs, tout simplement. Voilà de quoi nous faire patienter en attendant notre prochaine sortie verte!

defisante.ca

Comment bien faire face à l’incertitude?

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BLOGUE. Quand prendra donc fin cette foutue pandémie? Comment vais-je rebondir sur le plan professionnel? Demain nous sourit-il un beau jour, ou pas? Vous comme moi, nous baignons en pleine incertitude. Et nous manquons de prendre l’eau…

Le hic, c’est que l’ensemble des problèmes liés à la COVID-19 est gros, pour ne pas dire énorme. Pis, il nous est inconnu : de notre vivant, nous n’avons jamais eu à faire face à un tel paquet de problèmes. Oui, totalement inconnu. Si bien que nous n’avons pas la moindre idée de la meilleure manière de nous en sortir, tant individuellement que collectivement. L’expérience, dans le cas présent, ne peut pas nous servir de repère fiable. Malheureusement.

Alors, que faire? Improviser? Tâtonner, à coups d’essai-erreur? Se précipiter sans réfléchir vers la première lumière qui pointe à l’horizon?

La réponse saute aux yeux, même si elle ne nous charme pas d’emblée : pas d’autre choix que de nous fier à notre intuition. À cette petite voix qui nous susurre à l’oreille qu’il vaut mieux faire ci que ça. À ce qui échappe à la raison.

Bon. C’est bien beau de dire un truc pareil, pensez-vous sûrement, mais ça revient à quoi de dire qu’il faut se fier à son intuition. Et puis, c’est quoi, au juste, l’intuition?

OK. Vous avez là un point. Voilà pourquoi je vous invite à creuser ensemble le sujet, à regarder ce qu’est l’intuition et, surtout, la bonne façon d’en user.

Ça vous va? Parfait, c’est parti!

Henri Bergson est un philosophe français qui a beaucoup réfléchi sur l’entendement, c’est-à-dire sur les moyens que l’être humain a pour saisir le monde qui l’environne et celui qui l’habite. Ce qui l’a amené à se pencher sur l’intuition.

L’intuition

À ses yeux, l’intuition correspond à l’intersection entre l’intelligence et l’instinct, à ce qui unit les deux. L’intelligence, c’est pour lui ce qui nous permet de «faire des rapports entre les choses matérielles» (ex.: prenons l’objet «arbre» et l’objet «mètre à mesurer»; notre intelligence fait le rapport entre les deux, ce qui peut se traduire par le fait d’être capable de fabriquer des planches de 4×2). C’est ce qui nous permet de «saisir la matière», les choses concrètes. C’est ce qui nous permet de connaître.

L’instinct

L’instinct, c’est ce qui nous permet de reconnaître. C’est cette «pulsion vitale» qui nous permet de réagir adéquatement face à une situation inattendue, sans user de la moindre réflexion, de la moindre construction mentale. C’est ce qui nous permet de «faire des rapports avec les choses immatérielles», en puisant au plus profond de nous-mêmes (ex.: la réaction de fuir ou de combattre avec toute notre énergie lorsque jaillit un danger).

Instinct, intelligence…

«Instinct et intelligence représentent donc deux solutions divergentes, également élégantes, d’un seul et même problème», note Bergson dans L’Évolution créatrice. Et l’intuition est la mince passerelle entre les deux : recourir à l’intuition, c’est «demander à la conscience de s’isoler du monde extérieur, et par un vigoureux effort d’abstraction, de redevenir elle-même», note-t-il dans Essai sur les données immédiates de la conscience. C’est recourir à «la sympathie qui nous permet de nous transporter à l’intérieur d’une chose pour coïncider avec ce qu’elle a d’unique, et par conséquent d’inexprimable», précise-t-il dans L’Évolution créatrice.

Bref, user d’intuition, ça revient à plonger à l’intérieur du problème rencontré, à identifier les accointances que nous avons avec lui, puis à nous servir de nos talents propres pour pouvoir le résoudre, d’une manière nécessairement inédite pour nous. À plonger à la fois dans la chose et dans nous-même, puis à refaire surface avec l’idée d’une solution aussi efficace qu’inédite, particulièrement difficile à exprimer tant elle est nouvelle pour nous.

Bon. Merci Bergson, nous voilà maintenant en terrain un peu plus sûr concernant l’intuition. Mais concrètement, comment peut-on s’en servir dans notre quotidien, en particulier au travail?

La chercheuse finlandaise Asta Raami analyse depuis une douzaine d’années le concept d’intuition et a récemment lancé un livre intitulé «Intuitio3» (Otava, 2020). Elle considère que l’intuition est le meilleur moyen de faire face à l’incertitude, voire à l’inconnu : «Personne n’a l’expérience de la bonne façon de lutter contre les changements climatiques, si bien qu’il nous faut nécessairement emprunter une voie inédite, une voie que seule l’intuition est à même d’identifier. Et cette voie, elle provient toujours du plus profond de notre être, de ce minuscule point où convergent savoirs et émotions», y indique-t-elle.

D’après elle, «l’intuition est un aperçu direct de la bonne solution». Mais ce qu’on ignore trop souvent – et c’est justement ce qui nous fait si souvent hésiter à l’écouter -, c’est que «l’intuition est un canal à double sens». Grâce à ce canal, il est possible d’envoyer et de recevoir des informations, explique-t-elle en substance. En mode intuitif, notre cerveau envoie une hypothèse et obtient un retour immédiat, lui indiquant si c’est là quelque chose d’intéressant a priori, ou pas; puis une autre hypothèse; puis une autre; puis encore une autre; etc. Jusqu’au moment où une «porte» s’ouvre, illuminant le problème d’une toute nouvelle lumière.

Concrètement, Mme Raami suggère de procéder en quatre temps lorsque nous souhaitons recourir à notre intuition:

1. Comprendre

L’intuition est d’une grande aide dans la vie de tous les jours, pourvu que nous comprenions ce qu’elle est au juste, estime la chercheuse finlandaise. (Ce que nous venons de faire grâce aux lumières de Bergson.)

2. S’ouvrir

L’intuition est une «capacité indisciplinée», ce qui est source de dangers : «Elle n’est pas la même chose que l’imagination, ou l’émotion; et la confondre avec l’une d’elles peut amener à commettre une erreur», note-t-elle.

L’important, c’est de s’ouvrir totalement à l’intuition, d’accepter ce qu’elle a à nous dire, même si cela ne nous plaît pas d’emblée. D’ailleurs, il existe nombre de «distorsions de l’intuition», comme la peur (ex.: «Quoi? Non, je ne vais jamais faire ça, c’est complètement fou!») et le regard des autres (ex.: «Quoi? Non, je ne vais jamais faire ça, que dirait mon boss?»).

D’où l’importance fondamentale de cette deuxième étape : s’ouvrir à l’intuition, c’est se retenir de juger, accueillir des informations inédites, et donc accepter de porter un regard neuf sur le problème considéré.

3. S’écouter

L’intuition ne s’exprime pas toujours clairement. C’est que la situation est si inédite qu’il n’existe pas encore de formulation claire pour énoncer ce qu’il en est et ce qui doit être fait.

En vérité, l’intuition s’exprime la plupart du temps par des «sensations corporelles». On la reconnaît par, entre autres, «des sensations abdominales», ou encore «des visions de couleurs froides». On la sent, sachant que cela s’accompagne souvent d’un «sentiment d’apaisement». Oui, «l’intuition nous fait du bien», résume Mme Raami.

À noter un point important à ce sujet, à savoir qu’on sent plus aisément ce que l’intuition nous dit «lorsque notre esprit est détendu». C’est pourquoi on l’entend fort souvent lorsque nous dormons, ou plutôt lorsque nous sommes dans un état entre le sommeil et l’éveil. Ou bien, lorsque nous sommes en train d’effectuer une tâche mécaniquement, le cerveau sur pause (ex.: en tricotant, en passant l’aspirateur,…).

4. Convertir

«L’intuition nous envoie des signaux faibles, il nous appartient de les convertir en un signal fort», indique Mme Raami. Cette conversion ne doit pas faire appel à un raisonnement poussé, bien au contraire, car ce réflexe que nous avons de tout raisonner est justement ce qui écrase et tue la petite voix de l’intuition. Elle doit découler du charme qui grandit en nous à mesure que nous l’écoutons et faisons taire notre intelligence si rationnelle.

Asta Raami a un exemple lumineux à cet égard… Prenons le cas d’un cadre qui doit recruter. Il fait passer un entretien d’embauche et ressent soudain, au plus profond de lui-même, que quelque chose ne va pas. Mais quoi? Il n’en a pas la moindre idée claire. Comment se doit-il de réagir, sachant que c’est l’intuition qui s’adresse à lui? C’est simple, il doit se laisser guider par ses sensations, ses impressions, pour poser des questions imprévues, en lien avec ce qu’il ressent, et permettre ainsi de voir plus clair dans le candidat, en particulier «ce qui ne va pas». Une erreur, ce serait de se contenter du «quelque chose ne va pas» pour rejeter le candidat sans hésiter, car ce n’est pas là une base suffisante pour prendre une telle décision. La bonne attitude, c’est justement de s’ouvrir à son intuition pour éclairer ensemble «ce qui ne va pas» : imaginons que ce soit simplement le stress intense du candidat, qui meurt d’envie d’occuper le poste qui est en jeu et qui croit que sa carrière s’effondrerait s’il ne l’emportait pas; ce serait dommage de passer à côté d’une telle personne – motivée et engagée – pour si peu…

Voilà. L’intuition, c’est pas si sorcier que ça, au fond. Faites l’effort de l’écouter davantage, un peu plus chaque jour, et vous verrez que vos choix n’en seront que meilleurs. C’est garanti!

En passant, l’écrivain français André Suarès a dit dans Dostoïevski : «L’intuition est une vue du coeur dans les ténèbres».

lesaffaires.com

Un truc ultra simple pour bien démarrer votre journée de travail!

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Le hic ? C’est que le lundi matin, et parfois même d’autres jours de la semaine, la couette est particulièrement lourde à soulever. Pas vrai ?

Comment changer ça ? Oui, comment trouver un nouvel entrain pour votre travail, et jouir d’un nouvel élan, une fois les pieds au bureau ? La bonne nouvelle, c’est que j’ai mis la main sur un truc génial à cet égard. Si, si…

Parfait. Maintenant, comment parvenir concrètement à se reconnecter à son travail? Jessica Lindsey, une doctorante en science cognitive à Berkeley, s’est penchée sur l’étude et suggère de répondre – idéalement, en rédigeant sur une feuille de papier – à l’une de ces trois interrogations, juste avant de se lancer dans notre journée de travail:

1. Quel est l’impact de mon travail sur les autres?

Cette question peut nous permettre de nous reconnecter avec nos objectifs immédiats. Mieux, il peut nous amener à réaliser combien ce que nous faisons est valorisant pour nous-mêmes : imaginez le chauffeur de bus qui songe aux centaines de gens de sa communauté à qui il offre une précieuse mobilité dans la vie…

2. Quelles sont les personnes – au travail, mais aussi dans ma vie privée – qui me soutiennent dans ma réussite professionnelle?

Souvent, nous nous sentons dépassés, voire isolés, dans notre quotidien au travail. Réfléchir à cette question permet de réaliser que ce n’est pas tout à fait vrai. Mieux, que nous évoluons, en vérité, dans un gigantesque réseau de connexions qui peut nous permettre de grandir de manière harmonieuse…

3. Sur quoi aimerais-je me concentrer aujourd’hui?

L’idée, c’est de se mettre à penser une tâche à la fois, et donc de ne plus considérer la montagne vertigineuse qu’il va nous falloir – pensons-nous trop souvent – gravir, coûte que coûte. Cela peut nous enlever un poids écrasant, pour ne pas dire paralysant.

Voilà. Ces trois interrogations devraient vous permettre d’en identifier d’autres, plus pertinentes pour vous, à l’avenir. Et d’ainsi gagner, mine de rien, en gaieté, le matin, avant de vous mettre au travail. À vous, par conséquent, d’y recourir dès que vous sentez une lourdeur dans le bras qui vient d’interrompre votre insupportable réveil!

 

En passant, le philosophe français Alain disait : «Se réveiller, c’est se mettre à la recherche du monde».

https://www.lesaffaires.com/

Morning reattachement to work and work engagement during the day: A look at day-level mediators

20 affirmations à reformuler pour une vie plus positive

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  • Ne dites pas: « La vie est un combat »
  • Dites plutôt: « La vie est une aventure »
  • Ne dites pas: « C’est affreux »
  • Dites plutôt: « C’est une bonne leçon »
  • Ne dites pas: « Si seulement »
  • Dites plutôt: « La prochaine fois »
  • Ne dites pas: « Un obstacle »
  • Dites plutôt: « Un défi »
  • Ne dites pas: « Un échec »
  • Dites plutôt: « Un essai »
  • Ne dites pas: « Ça m’étonnerait que ça marche »
  • Dites plutôt: « Avec un peu de chance »
  • Ne dites pas: « Une difficulté »
  • Dites plutôt: « Une opportunité »
  • Ne dites pas: « J’aimerais »
  • Dites plutôt: « Je veux »
  • Ne dites pas: « C’est trop difficile »
  • Dites plutôt: « C’est formateur »
  • Ne dites pas: « Je suis trop vieux »
  • Dites plutôt: « J’ai de l’expérience »
  • Ne dites pas: « Je vais essayer »
  • Dites plutôt: « Je vais réussir »
  • Ne dites pas: « C’est pas mal »
  • Dites plutôt: « C’est bien »
  • Ne dites pas: « Je vais encore échouer »
  • Dites plutôt: « Je me donne une autre chance »
  • Ne dites pas: « Je rate à chaque fois »
  • Dites plutôt: « J’apprends de mes erreurs »
  • Ne dites pas: « Avoir de la chance »
  • Dites plutôt: « Être tenace »
  • Ne dites pas: « Je suis incapable de faire ça »
  • Dites plutôt: « Comment puis-je réussir? »
  • Ne dites pas: « Il n’y a pas de problème »
  • Dites plutôt: « C’est parti! »
  • Ne dites pas: « C’est stressant »
  • Dites plutôt: « C’est stimulant »
  • Ne dites pas: « Une erreur »
  • Dites plutôt: « Une leçon »
  • Ne dites pas: « Je ne sais pas le faire »
  • Dites plutôt: « Je ne sais pas encore le faire »

Comment vraiment trouver sa place ?

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Nous cherchons tous à décrocher la situation professionnelle ou la relation affective qui nous donnera le sentiment d’être au bon endroit, heureux, et de justifier toute notre existence. Et si cette place était d’abord… à l’intérieur de nous ?

Aujourd’hui, si l’on en croit observateurs et sociologues, chacun cherche « sa place ». Un terme aux contours plus ou moins larges, qui englobe, tout à la fois et en même temps, l’endroit, le métier, le statut affectif et relationnel. Une place où il sera possible de s’accomplir, d’exprimer ses talents, d’être heureux… Jusqu’à devenir enfin, comme le disait Jung, « un morceau du monde ».

Cette quête noble (mais fatigante !) est le prix à payer de notre émancipation : la chute des grandes idéologies qui nous inspiraient et des institutions qui nous « contenaient », la perte des repères familiaux et générationnels qui nous structuraient… ont laissé une société en friche dans laquelle nous devons pratiquer ni plus ni moins que « l’invention de soi », comme l’a écrit le sociologue Jean-Claude Kaufmann.

Particulièrement touchés par cette recherche : les 25-35 ans, que Françoise Sand, conseillère familiale, baptise « la génération montgolfière, une génération volatile, s’agitant beaucoup, ne se fixant guère et qui, prise dans une longue postadolescence, semble flotter au-dessus du réel » (in 25-35 ans, l’âge du labyrinthe, entretiens avec Isabelle Vial, Bayard). Ces jeunes adultes, mais aussi les « jeunes seniors », les femmes (tiraillées entre leur travail et leur foyer), les hommes (compagnons de ces nouvelles femmes…) doivent donc trouver leur bon port. Et si, sur cette route, il y avait d’abord plusieurs leurres à dépasser ?

Le syndrome de l’étiquette

Premier d’entre eux : croire que « notre place » est notre statut, la fonction sociale que l’on occupe. Etre seulement « mère de famille », ou « infirmière », ou « la bonne copine qui soutient les autres », se figer dans une identification massive à une seule facette de notre personnalité, peut se révéler source de mal-être. C’est comme vivre coincé sous une étiquette.

Lynette Scavo, héroïne de la série culte Desperate Housewives, en fait l’amère expérience. Après avoir été « le plus gros poste et le plus haut salaire de son entreprise », elle a cru pouvoir s’oxygéner en s’arrêtant de travailler pour élever ses enfants. Mais toujours aussi exigeante avec elle-même, elle se vit désormais comme « la mère de jumeaux hyperactifs » et se raccroche aux amphétamines pour rester cette femme méritante qui passe ses journées à remplir des chariots au supermarché et à ramasser les jouets éparpillés dans la maison.

« Aurait-elle seulement changé d’étiquette ? » interroge ironiquement la voix off de la série. On peut penser qu’« avoir trouvé sa place » repose au contraire sur l’équilibre entre différentes dimensions de sa vie. Le psychologue Carl Rogers le rappelait : « Le but de l’évolution personnelle est d’être de plus en plus soi-même dans n’importe quelle situation, au lieu de jouer un rôle.»

Le syndrome Iznogoud

Performance, compétition et comparaison sont d’autres facteurs d’aveuglement. Ils nous font croire que la place à atteindre est celle de premier, ou celle d’un autre. La rivalité que nous expérimentons d’abord dans notre famille, réactivée sur les bancs de l’école, se diffuse tout au long de notre vie : en dehors de la réussite totale, des grandes écoles de commerce, de la célébrité internationale, de la plus haute marche hiérarchique, point de salut…

Ce moteur peut se transformer en piège. Et, facteur d’émulation, l’envie peut tourner au vinaigre. Le psychosociologue Vincent de Gaulejac le constate régulièrement dans les groupes qu’il anime autour de la trajectoire sociale. « L’envie plonge l’anxieux dans un face à face destructeur qui annihile son propre désir » in L’Histoire en héritage, roman familial et trajectoire sociale, Desclée de Brouwer).

Tout comme le vizir Iznogoud, qui avait pour seule ambition de devenir calife à la place du calife, nous courons alors le risque de mobiliser toutes nos ressources et nos forces pour réaliser un projet qui, au final, ne s’avérera pas forcément bon pour nous. D’autres découvrent au contraire que c’est en occupant une position plus discrète qu’ils peuvent s’épanouir et déployer tous leurs talents.

Le syndrome Zelig

Notre soif de reconnaissance ou d’appartenance peut également nous détourner de notre voie. En nous poussant à nous conformer aux autres, à leur ressembler, dans l’espoir de devenir une pièce du puzzle. C’est alors le syndrome Zelig, comme dans le film éponyme de Woody Allen sorti en 1983. Pour être aimé, son personnage se fond dans le décor. Pour s’intégrer au groupe, il vit les métamorphoses du caméléon, devenant noir chez les Noirs, gros chez les gros, psy chez les psys…

Comme lui, certains, pour ne pas perdre l’amour de leurs parents, de leur conjoint, de leurs semblables, restent rivés à la place qui leur a été attribuée par d’autres, et fermement scotchés aux projets que l’on a faits pour eux.

Assumer sa singularité

Et s’il s’agissait plutôt d’oser affirmer ses singularités, ses différences ? Si, au lieu de se plier à la norme, il y avait, pour chacun de nous, à trouver sa touche personnelle, sa « petite musique » ? Etre à l’écoute de ce qui nous fait vibrer en profondeur, de ce qui nous rend plus vivants et toujours plus désirants peut alors faire office de boussole pour nous orienter dans notre vie.

Céline, une lectrice, nous le racontait dans un mail spontané il y a quelques semaines. Après neuf années consacrées à la finance, cette « banquière privée » avait traversé une grave crise. Rupture sentimentale, prise de conscience qu’il lui restait quarante années à travailler…

Peu à peu, l’idée que sa place ne lui convenait plus avait germé en elle. Un déséquilibre qui s’est résolu pour elle à force d’introspection : « Se mettre au pied du mur, face à soi-même, est beaucoup plus difficile que de s’enterrer dans une vie dont on n’aime, au final, que les week-ends », écrivait-elle. Mais ce retour à soi a avant tout permis à Céline de prendre conscience que ce qu’elle aimait par-dessus tout dans la vie, en toutes circonstances, c’était de « voir les gens se réjouir ». Elle a donc décidé de faire de cette particularité son aiguillon. Et vient de créer sa société d’organisation d’événements privés. A seulement 28 ans. Elle a compris que sa place, on la trouve d’abord en soi.

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Fatigué au travail? Voici comment retrouver une énergie folle!

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BLOGUE. La semaine de relâche vient de se terminer. Et vous vous sentez un peu mieux, oui, un peu mieux au travail : plus calme, plus détendu, plus reposé. Mais c’est tout.

Avez-vous franchement gagné en énergie grâce à cette petite période de congé ? Vous sentez-vous maintenant capable de donner votre 110% durant les prochains jours, voire les prochaines semaines ? Bouillonnez-vous de toutes nouvelles idées ? De tous nouveaux projets ? De rêves tout neufs, tout beaux ? Hum, pas sûr…

Comment cela se fait-il ? La réponse est simple : vous n’avez pas su faire une vraie coupure du travail. C’est aussi bête que ça.

Je peux l’affirmer parce que je suis tombé sur un vieux billet de blogue d’Olivier Oullier sur le sujet, un billet lumineux à cet égard, un billet que – vous me connaissez – je vais me faire un plaisir de partager avec vous…

Olivier Oullier ? Il s’agit d’un type extraordinaire : professeur de sciences du cerveau et du comportement à l’Université d’Aix-Marseille (France), ce Français est également à la tête d’Emotiv, une start-up d’Atlanta (États-Unis) spécialisée dans la collecte et l’analyse de données issues du cerveau humain. Tout ce qui touche nos pensées les plus profondes – et leur impact sur notre quotidien – l’intéresse passionnément, et c’est ce qui l’a amené à se pencher sur le besoin que, vous et moi, nous avons de couper mentalement et physiquement de nos activités liées au travail. Un besoin viscéral que, pourtant, nous refusons de considérer véritablement, ce qui nous mène droit à la fatigue professionnelle, voire au burn-out. Regardons ça ensemble…

En 2018, M. Oullier regardait d’un œil distrait la conférence de presse que donnaient ensemble à Abu Dhabi les trois champions de F1 qui venaient d’accéder au podium final de la saison, soit Lewis Hamilton, Sebastian Vettel et Max Verstappen. Quand une question des journalistes a attiré son attention : «Qu’allez-vous faire des 112 jours qui vous séparent de la première course de la prochaine saison ?», a lancé l’un d’eux.

«Je vais passer du temps avec ma sœur, avec les enfants, avec ma maman et avec mon papa», a dit Hamilton, en soulignant que «les saisons de course allongeant de plus en plus, cette période de break devenait de plus en plus importante».

Et Verstappen d’abonder dans le même sens : «J’ai très hâte de pouvoir enfin passer du bon temps avec mes chums».

C’est que le sujet abordé résonnait avec une étude que venait de dévoiler Hintsa Performance, une entreprise suisse de services de coaching dont il a rejoint le conseil scientifique depuis quelques années. Celle-ci montrait qu’«un temps de pause et de récupération bien géré permet de réduire considérablement la fatigue professionnelle». Et que cela se vérifiait surtout auprès des personnes «hautement performantes», grâce notamment à «une amélioration significative de l’humeur et des capacités cognitives».

Qu’entend-on, au juste, par un break «bien géré» ? «S’il est essentiel que nous prenions le temps de nous arrêter et de nous reposer, cela ne signifie pas pour autant qu’il nous faut ne plus rien faire du tout, note M. Oullier. Prendre le temps de récupérer et de se préparer à de nouveaux défis n’est pas un processus sans effort. Loin de là. Il convient de réunir certaines conditions précises pour que la récupération soit optimale.»

Ces conditions, les voici :

– Une coupure sociale. «Un congé réussi nécessite de se détacher complètement du travail, explique-t-il. Il nous faut donc changer d’environnement social.» Il s’agit ici de ne plus avoir le moindre contact avec les collègues, encore moins avec le boss, que ce soit dans le réel (ex.: prendre un verre ensemble, une fin d’après-midi) comme dans le virtuel (ex.: passer un coup de fil ou envoyer un courriel).

– Une coupure géographique. «Changer son environnement géographique est également bénéfique, poursuit-il. Les avantages cognitifs de profiter pleinement de la nature sont largement documentés. Ainsi, une étude signée par des chercheurs de l’Université de l’Illinois et de l’Université de Hong Kong a montré que les gains en matière de performance cognitive résultant du temps passé entouré de verdure sont annulés si les sujets utilisent un gadget électronique en même temps.»

– Une coupure temporelle. «Être maître de son emploi du temps est un autre facteur crucial, indique-t-il. Le temps libre doit nous permettre de redécouvrir des passe-temps épanouissants ou des activités qui marquent une rupture totale avec notre vie professionnelle.» Vettel, à cet égard, a déclaré lors de la conférence de presse qu’il allait «faire des choses pour lesquelles [il n’avait] pas beaucoup de temps : du bricolage, quelques réparations à la maison».

Pour illustrer l’importance vitale de ces trois coupures, Olivier Oullier – qui, soit dit en passant, a lui-même un véritable talent de DJ – évoque le documentaire Avicii : True stories, qui porte sur le DJ superstar qui est décédé en 2018 à l’âge de 28 ans, dépressif, à bout de forces.

C’est qu’Avicii avait été sur la route pendant huit années sans discontinuer, présentant un peu partout sur la planète des centaines et des centaines de spectacles. «Au bout de quatre années de ce style de vie là, je ne savais plus où j’en étais. Quand je rentrais chez moi, je ne me sentais plus chez moi», avait-il déclaré peu de temps avant son brutal décès.

«David Guetta, une star française de la musique électronique qui collaborait parfois avec Avicii, a dit que ce dernier ne savait pas dire «non» au travail, raconte M. Oullier. Il a ajouté que la mort d’Avicii avait été pour lui un signal d’alarme et qu’il s’était fait depuis un devoir de passer beaucoup de temps à la maison, avec sa famille et ses amis.»

Et d’ajouter : «La leçon que nous pouvons en tirer – que vous soyez un pilote de course de renommée mondiale, un DJ ou quelqu’un qui tient tout simplement à concilier vie personnelle et vie professionnelle – est que décompresser et recharger nos batteries peut nous sembler superflu, mais c’est là, en vérité, le meilleur investissement de notre temps qu’il nous est possible de faire. Le meilleur.»

Bref, prochaine fin de semaine, ou mieux, prochaine période de vacances, planifiez vos trois coupures. Les coupures sociale, géographique et temporelle. Car cela va vous permettre de vraiment décrocher, et par suite, de retrouver une toute nouvelle énergie à votre retour au travail. C’est aussi simple que ça.

En passant, l’écrivain français Marcel Achard aimait à dire, pince-sans-rire : «J’ai trop d’énergie pour travailler».

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